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De la nécessité pour la Diaspora africaine de conquérir le pouvoir politique en Afrique
Il faut que dans nos esprits, la connaissance que nous avons de nos problèmes se confonde avec une conscience acéréé des enjeux de l'heure. J'ai en effet le sentiment que nous disposons d'une culture générale étendue des problèmes de notre continent, mais que nous ne sommes pas assez imprégnés des enjeux qu'ils impliquent. C'est pourquoi, tout en en parlant beaucoup, nous n'envisageons pas l'action politique, je veux dire par là l'action pour accéder au pouvoir, comme une nécessité impérieuse. J'ai même parfois l'impression que cela nous effraie, et notre activité frénétique dans des actions sectorielles s'interprète, de mon point de vue, comme une fuite devant l'ampleur de la tâche!

June 13, 2011

La réflexion ci-dessous résulte de la réponse à une compatriote africaine dans le cadre d'un forum de discussion sur les moyens sortie de crise dans nos pays:


Chère Lydie,


j'ai bien lu ton article à l'époque, mais sur le moment j'ai mieux aimé réserver mon opinion. Mais puisque tu me relances sur la question, j'en profite pour donner mon avis à la fois là-dessus et sur l'interview de notre compatriote M. Mandéki Moumbang de l'AFP. Je dirai enfin un mot sur la problématique du passage à l'action.


Pour commencer par M. Mandéki Moumbang, je dirai qu'il me donne l'impression de manquer de foi – je ne parle pas de la foi religieuse. On ne peut pas avec une foi si faible changer d'un iota le cours des choses chez-nous. Il nous avoue sans ambages qu'en dépit de l'organisation que l'AFP tente de mettre sur pied, ils ne sont pas sûrs de gagner. Il nous laisse entendre qu'ils partent vaincus dès le départ. Il se montre aussi évasif sur des questions essentielles, en particulier la condition de la jeunesse sur laquelle il a été interpellé plus d'une fois, offrant une réponse qui n'est pas au-dessus de ce que les jeunes du quartier Anguissa dont je faisais partie organisèrent dans leur quartier dans les années 95. C'était une simple initiative de quartier de la part de jeunes désoeuvrés, et c'est cela qui semble constituer le programme des jeunes de l'AFP... Je ne vois pas du tout dans ce qu'il a dit le genre démarche qui nous mènerait au succès, parce que, contrairement à ce que tu en penses, je ne vois pas qu'il y a, de la part de l'AFP, une réflexion vraiment approfondie des problèmes, du moins en m'en tenant à l'interview que tu nous as fait suivre.

Cependant, ce qu'il me laisse voir, c'est bien la confirmation que seule une action politique décisive, bien concertée et bien pensée pourra nous tirer d'affaire, et c'est ce que je propose.


Quant à ton projet de société, je dois apprécier sincèrement l'effort de réflexion que tu as mené et qui montre bien ta préoccupation réelle et ton impérieux besoin de concrétude, d'action. J'ai toutefois de nombreuses réserves à émettre là-dessus, dont la plus sérieuse, que je retiendrai seule ici pour l'instant, est que ta proposition souffre d'un grave risque d'émiettement de l'action politique, là où l'unité d'action, aussi vitale que l'oxygène, est requise.

Loin de moi l'idée de te manquer de respect, mais on ne peut concevoir la gestion d'un Etat sur le modèle associatif. L'action de l'Etat doit absolument s'inscrire dès le départ dans un projet de société global conçu complètement (quitte à ce que les circonstances commandent une adaptation). Dans un Etat-cité comme la Grèce antique ou comme la cité de Génève, ton projet pourrait se concevoir, mais au-delà, la complexité des structures appelle une unité d'action. Encore que pour moi, le modèle d'Etat fédéral répondrait mieux à la configuration de notre pays et permettrait de surmonter bien des handicaps d'ordre sociologique. En effet, le fédéralisme, tout en étant d'essence démocratique, permettrait de concevoir une démocratie conforme aux réalités locales, même si elle peut s'éloigner des modèles importés. En revanche, je n'arrive pas à classer le fonctionnement d'un gouvernement tel que tu le présentes dans une catégorie politique connue: quelle serait la forme de l'Etat? Comment l'exécutif serait-il composé? etc

Par ailleurs, concernant la fonction que tu assignes aux partis politiques, une telle répartition des tâches m'apparaît trop étriquée pour pouvoir servir valablement le besoin de cohésion de l'action gouvernementale. Tout parti politique, en tant que porteur d'un projet de société adverse, aspire nécessairement à accéder au pouvoir pour le mettre en oeuvre, et c'est d'ailleurs essentiel pour la société des citoyens. C'est comme en matière économique: la concurrence ne peut que faire du bien aux consommateurs, et supprimer cette concurrence conduirait vite aux monopoles et autres abus de position dominante (il est vrai que ces déviations du jeu économique existent en dépit de la concurrence; il reste qu'ils seraient exacerbés sans elle et sans le corpus de règlementation qu'elle impose). Si tous les partis sont du pouvoir, ne s'expose-t-on pas là à un totalitarisme des partis? Qui sera chargé de tirer la sonnette d'alarme et d'interpeler le gouvernement?

C'est là, me semble-t-il, les principales faiblesses de ton modèle, sans compter que le cadre dans lequel ce modèle s'appliquerait ressemblerait beaucoup aux gouvernements d'union nationale dans lesquels les partis entrés au gouvernement sont censés y apporter leur grain de sel. Donc, le modèle que tu proposes existe presque déjà sous une autre forme, mais la perversion du jeu politique particulier de notre société fait que ces partis sont piégés, indépendamment du machiavélisme du gouvernement actuel, par les lois organiques mêmes du gouvernement, dont la première n'est autre que notre Constitution. Celle-ci donne en effet au Président de la République la prérogative de définir la politique générale du gouvernement. Du coup, nos partis sont astreints au principe de la solidarité gouvernementale et doivent assumer tous les actes du gouvernement, contraires ou conformes à leur propre politique – la culture de la démission pour cause de désaccord profond n'étant pas un art ancré chez nos politiciens, on n'est donc pas encore prêt d'échapper à cette fatalité. A la limite, ces partis pourraient faire entendre leur voix au Parlement, mais nous savons tous à quelle sauce ils y sont mangés, n'est-ce pas? Alors n'en parlons pas!


Je termine par la nécessité de passer à l'action. Je commence par dire que, mon objectif étant d'obtenir un bouleversement radical des choses au Cameroun, j'entends par là l'émergence d'une société réellement indépendante et qui s'autodétermine, je n'agis pas par rapport à un calendrier électoral. Vous verrez qu'après Octobre 2011, si toutefois l'élection présidentielle a lieu à cette date, Biya sera encore au pouvoir. D'ailleurs M. Mandeki Moumbang l'a implicitement reconnu. Cette élection ne m'intéresse donc pas.

Je considère qu'au stade où j'en suis, réflexion et action ne font qu'une seule et même chose. Réfléchir c'est donc agir, et cette action consiste en ce moment à indiquer des tendances, à relever le degré de conscience de la situation véritable dans laquelle se trouve nos sociétés. Mon but est que, dans nos esprits, la connaissance que nous avons de nos problèmes se confonde avec une conscience acéréé des enjeux de l'heure. J'ai en effet le sentiment que nous disposons d'une culture générale étendue des problèmes de notre continent, mais que nous ne sommes pas assez imprégnés des enjeux qu'ils impliquent. C'est pourquoi, tout en en parlant beaucoup, nous n'envisageons pas l'action politique, je veux dire par là l'action pour accéder au pouvoir, comme une nécessité impérieuse. J'ai même parfois l'impression que cela nous effraie, et notre activité frénétique dans des actions sectorielles s'interprète, de mon point de vue, comme une fuite devant la grandeur de la tâche. Note bien: je ne dis pas que le travail associatif est inutile. Je dis seulement qu'au bout du compte, nous serons bien obligés d'en passer par cette chirurgie sociétale qu'est la lutte pour introduire un nouvel ordre face à des régimes qui n'entendent pas céder un seul pouce du terrain qu'ils tiennent. C'est forcé! Or c'est justement la fusion du couple Connaissance-Conscience qui détermine chez l'Homme le genre de rupture extraordinaire qu'on a vu chez des figures emblématiques comme Nelson Mandela, Ghandi, Sankara, Lumumba et autres. Cela s'appelle don de soi.

En agissant comme nous faisons, nous laissons le champ libre aux responsables de nos problèmes et ils peuvent se rouler les pouces devant notre démission. Nous nous comportons en effet comme quelqu'un qui, face à un usurpateur qui a occupé sa maison, se dit: “Bof! Après tout, je peux squatter la maison d'en face, alors pourquoi risquer l'affrontement?” Je peux comprendre, mais cela ne le dispensera pas, tôt ou tard, de devoir se drésser, ne serait-ce que par dignité, et de dire: “Maintenant, ça suffit, je veux mon bien, dussé-je mourir pour cela!” Alors?!

Donc, la question essentielle est de savoir où et comment nous voulons apporter notre contribution à la solution de nos problèmes: sera-ce en tentant, tant bien que mal, de porter assistance aux gens dans tel ou tel domaine? Sera-ce, au contraire, en ayant l'audace de secouer sur ses fondement l'institution contre-productive et malfaisante qui génère tous ces problèmes qui semblent se multiplier à mesure qu'on s'échine à les résoudre?

D'où mon désir de rassembler la Diaspora en vue de la jeter dans la lutte pour le Pouvoir Politique au Cameroun en créant un parti politique que je nomme le PREDICA: Parti Révolutionnaire de la Diaspora pour le Changement en Afrique. J'entends d'ici le tollé de protestations: “Mais pourquoi un parti politique au coeur de la marrée qui existe déjà, pourrait-on me demander. Qu'est-ce qu'un tel parti apporterait de plus que les autres? etc”

Je réponds que, sous la forme que je conçois, un tel parti est très différent des autres. De plus, c'est un espace privilégié d'organisation des idées de manière plus pertinente que les associations traditionnelles aux ambitions plutôt sectorielles et spécifiques à leur objet. Au contraire, avec un tel parti, dont la première préoccupation sera de s'implanter solidement au Cameroun, la Diaspora, qui pèse déjà lourdement dans la balance sur les plans économique et intellectuel dans nos pays, commencera alors à compter vraiment politiquement au sens propre du terme!


Nous pouvons changer les choses au Cameroun et en Afrique! Et je ne doute pas de la réussite. La Diaspora représente une force extraordinaire, et organisée correctement, notre génération peut réussir ce pari ou au moins l'oser. Regarde la floraison d'associations camerounaises et africaines au sein de la Diaspora à travers tout l'Occident. Nous pouvons nous auto-financer, nous pouvons produire des idées-force, nous pouvons poser des actions d'éclats. Nous pouvons, sur la base des réflexions approfondies qui existent sur les problèmes de nos sociétés, produire un projet de société réaliste et convaincant. Et nous pouvons exprimer toutes ces choses avec toute l'ardeur patriotique et nationaliste qui nous anime. Tu l'as compris, il s'agit de susciter l'adhésion de nos peuples, sans laquelle il n'est pas de succès possible. Il va sans dire que la Diaspora ne pourra rien réussir du tout sans une implantation solide et quotidienne sur le terrain au pays. Donc, une collaboration, voire une association étroite avec des organisations comme l'AFP d'ailleurs, seront envisageables. Notre force résidera dans notre capacité à faire abstraction de nous-mêmes et à mettre en avant le sort de nos populations, l'avenir de nos pays! Notre résussite personnelle, notre confort personnel ne doivent pas nous retenir devant l'exigence du devoir. Nous venons de là-bas. Nous avons bu toute l'amertume des douleurs de nos pays. Et le séjour en terre étrangère ne nous a rendu ces pays que plus chers!


Nous devons trouver une solution, tout comme l'ingénieur confronté à la difficulté doit trouver le moyen de faire fonctionner la machine, au lieu de céder honteusement cette tâche à son successeur. Comme tu le vois, je ne perds pas de vue la nécessité de l'action, loin de là! Je rappelle le Professeur Nyamsi, qui disait récemment à Bruxelles que la Diaspora ne peut ne pas penser les maux de l'Afrique, “dans le double sens de réfléchir et agir.”

Mon action la plus concrète en ce moment consiste dans un projet auquel je travaille, lentement peut-être, et qui vous sera soumis en son temps. Il contient les développements des stratégies que j'imagine comme étant pertinentes pour notre génération, au regard des défis qui nous interpellent.

Il existe toute une panoplie de stratégies qu'on peut déployer, dont la moindre n'est pas celle d'un retour massif bien organisé et financé certes par nous-mêmes. Il est capital de préciser que toutes les stratégies que je développe sont ABSOLUMENT non violentes, citoyennes, et s'incrivent dans le cadre des lois en vigueur. Le fait est que pour moi, rien de bon ne peut être attendu du gouvernement actuel, et s'exposer avec lui à la discussion est synonyme d'accepter la compromission. Le gouvernement Biya a vécu, il doit partir... je veux dire: DEGAGER!


Nous nous verrons prochainement lors de la Journée Scientifique, qui est devenue un grand classique. Nous pourrons en reparler si tu veux.


J'ose espérer que cette modeste réflexion allumera chez beaucoup cette étincelle qui a déjà embrasé mon esprit et tout mon être!


Bien à vous!



  
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