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Le Crépuscule des faux dieux et le relèvement de l?Afrique !
Quel bilan est-il permis de tirer 10 ans après le début du millénaire de toutes les promesses, de tous les fantasmes et de tous les délires? Quel bilan peut-on établir après l'expansion du double mouvement Mondialisation-Globalisation, dont le maître mot est croissance et prospérité par le libéralisme économique à outrance, par l'ouverture au capital de tous les secteurs de la vie humaine et par la privatisation des services publics des États, même et surtout les plus pauvres? Sans compter les abandons corrélatifs de souveraineté dans le but d'assurer l'harmonisation dans des domaines entiers de l'activité socio-économique, en vue d'une plus grande cohérence, d'une plus grande efficacité, donc d'une plus grande rentabilité!


January 1, 2011, Bonaventure Tchucham

Huit objectifs avaient été fixés dans la déclaration de septembre 2000, que 189 pays s’engageaient à atteindre entre 1990 et 2015.

·  1 Réduire l'extrême pauvreté et la faim .

·  2. Assurer l'éducation primaire pour tous.

·  3. Promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes.

·  4. Réduire la mortalité infantile.

·  5. Améliorer la santé maternelle.

·  6. Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies.

·  7. Assurer un environnement humain durable.

·  8. Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

En l’état actuel, les fameux objectifs du millénaire n’ont pas été atteints, les progrès faits sont minces. Il y a trop d’égoïsme dans le monde, et les plus riches ont d’autres priorités. Il n’y a qu’à regarder cette intervention de Jean Ziegler à l’ONU pour s’en convaincre :

 

La famine n’a pas reculé. Les hommes ne sont devenus tous frères. Les barrières douanières ne se sont pas effondrées pour donner libre accès de tous les produits à tous les marchés. Les frontières entre les divers pays du monde n’ont pas disparu pour permettre une libre circulation des personnes comme celle des biens. La condition des plus démunis ne s'est pas améliorée globalement. Il n’y pas eu, si peu que ce soit, une inversion de la tendance instaurée par l'économie de marché qui est au cœur de l'idéologie capitaliste, tendance consistant à accumuler la majorité des biens aux mains d'une infime minorité, cependant que la grande majorité des hommes mènent une lutte quotidienne sans merci pour la survie. Une lutte coûteuse pour la santé, et qui laisse souvent peu de place à des manifestations d'humanité.

Que dit  l’Afrique, fille aînée de l'Humanité[1], dans tout ce concert?

Tu es le pauvre dont on étrangle la voix.

Tu es Pierre, qu'on déshabille pour habiller Paul.

Curieusement, toi si démunie, c'est toi qui fait la fortune de ceux qui te méprisent, croyant être à ton chevet.

Regarde au-dessus de ta tête le frénétique tourbillon des vautours, des charognards et des faucons.

Ecoute le hurlement des hyènes, des chacals et des loups ravageurs qui te tournent autour dans un ignoble ballet de meurtriers et de flibustiers.

Ils viennent par terre, par air et par mer, ils te dépècent, te pillent et te saccagent avec une hallucinante gloutonnerie de prédateurs, et par les mêmes voies s'enfuient impunément devant la fascinante impuissance des potentats en papier glacé, êtres inconsistants, à genoux, l'engeance de la terre, la pire calamité qui soit jamais arrivée à un peuple. Leurs yeux de concupiscents, leurs faces joufflues et luisantes de leurs excès, leur ton bas, leur regard fuyant, leur allure lascive et lâche en disent long sur le fond de leurs vraies occupations...

Ils peuvent souffrir sans rougir que la misère la plus révoltante accable leur peuple assis sur les trésors de la terre. Ils acceptent que l'homme, au cœur de tant d'abondance, soit acculé à une telle extrémité, qu'il en devienne voleur dans sa propre maison et l'assassin de son frère tout à la fois.

J'ai surpris les lamentations que l'Afrique, notre Mère à tous, cache dans les tréfonds de son être humilié et brisé, trop honteuse pour les exprimer haut, comme une femme bafouée se dissimule derrière un masque trompeur de sourire et d'excessive gaieté.

J'ai entendu la Grande Mère[2] Alkibulan susurrer sa malédiction contre des fils qui l'abandonnent honteusement, sans dignité et sans honneur, excipant de toutes sortes d'arguties.

Voici les complaintes que j'ai entendues:

Ah! ma grande déchirure, une fêlure fatale au travers de nos vies...

Ah! la vision horrible de ma jeunesse fuyant loin de moi et de mes plaies ouvertes, comme du sang frais s'échappant d'un corps sain.

Ah! l'ignominie de mes princes balayeurs de rues, plongeurs et veilleurs dans les cités de bétons et d'aciers.

Jusques-à quand encore mangerons-nous ainsi le pain amer de l'indignité  dans un monde qui nous tient pour un inutile fardeau à la terre et la risée du monde ?!

Ne faut-il pas souffrir mille morts plutôt que nous nourrir ainsi, comme nous faisons depuis des siècles, des pots de viande de l'esclavage, alors que résonnent au loin l’appel des tambours de la liberté?

Qu'est-ce, en fin de compte, que la dignité? Est-ce juste un besoin de respect? N'est-elle pas au contraire la source de tous les biens, lorsqu'elle s'appuie sur la liberté?

Ô drame éternel sans cesse recommencé

Ô tragédie de Sisyphe roulant son rocher

Piétinement circulaire d'une existence immobile

„Affreuse inanité de notre raison d'être“

Ô saints martyrs dont le sang répandu crie vers les vivants,

Assassinés par des imposteurs qui rient et qui jacassent au-dessus de nos têtes...

Ne nous naîtra-t-il donc jamais un héros vengeur, un Prométhée qui consumera dans sa colère ardente l'affront insoutenable qu'on inflige depuis des générations immémoriales à „ceux sans qui la terre ne serait pas terre“ ?

Qui fera taire tous ces moqueurs qui se rient de moi, se vantent de leurs forfaits comme de hauts faits glorieux, et qui accumulent contre moi le fruit des rapines qu'ils m'ont arrachées

Des prophètes sont déjà venus, mais mon dieu, qui les écoute?

Voyez, voici Cheick Anta Diop, l'envoyé d'Osiris, l'intelligence créatrice par excellence !

Avez-vous entendu Césaire, la manifestation poétique de la vérité et de l'amour?

Et Anténor Firmin, la noblesse, la dignité et l'humanité dans un siècle de ténèbres, de racisme et de haine?

Qui n'a pas encore rencontré Chancellor Williams, le restaurateur, avec Cheick Anta, de notre histoire falsifiée?

Et Credo Mutwa le Vénérable dépositaire du Testament des anciens, le guérisseur de nos âmes malades?

Quoi! Alors que nous errons ainsi sans repères, des puits de science existent parmi nous?!

Tandis que, éparpillés comme des apatrides à la surface du globe, nous piaillons inutilement comme les perroquets babillards de Césaire le Grand Ancêtre, tous les éléments pour une union et un relèvement salutaires ont longtemps déjà été pensés et formulés avec clarté, et nous serions les derniers à le savoir? Comment cela se fait-il?

C'est que des zélotes dévoués, assis dans les chaires universitaires, ont fait cause commune avec l'intérêt du maitre-dieu-capital-profit, contre l'intérêt de la vérité et de la science

Croulant sous les distinctions académiques et honorifiques, souvent Prix Nobel, leur autorité fait plus foi que leur érudition, et, leur érudition à son tour l'emporte sur leur sagacité: des savants donc, et non des sages, de dangereux cérébraux postulant leur goût du vrai, mais habiles à écraser la vérité partout où ils la trouvent, à la manière des prestidigitateurs, qui peuvent, en un tournemain, faire prendre des vessies pour des lanternes.

Ils ont vite fait de tourner en dérision nos prophètes! N'ont-ils pas la partie facile? Mongo Béti nous a très bien décrit le mécanisme subtil par lequel on bâillonne les intellectuels africains: On ne publie pas leur droit de réponse dans les journaux dans lesquels ils sont attaqués ou dans lesquels ils croient devoir prendre position en raison d'une quelconque présentation erronée de faits touchant l'Afrique; ce n'est qu'à grand-peine qu'ils trouveront un éditeur pour leurs ouvrages dont le contenu s'écarte de l'idéologie officielle; Ce n'est pas eux qu'on invitera souvent sur les plateaux de télévision ou sur des antennes radio pour des thématiques concernant l'Afrique et relevant de leur compétence; en plus, on donnera souvent contre eux des intellos africains corrompus; puis, des éminences grises seront invitées pour leur faire un procès par défaut, et, dans un monologue stérile, les diaboliser.

Mais chaque fois qu'ils en auront une toute petite occasion, ils infligeront à leurs lâches contradicteurs des répliques qui les feront disparaître sous terre, mais non sans jeter un dernier cri d'orfraie. Ainsi en fut-il de DIOP CHEICK ANTA, au colloque d'Egyptologie du Caire organisé par l'UNESCO en 1974, auquel assistait tout le gratin de la communauté scientifique mondiale. Il exposa en véritable maestro ses thèses tant combattues d'une origine nègre de l'Egypte antique, et d'une unité culturelle de l'Afrique noire. Ses adversaires, bien forcés de reconnaître la pertinence et la véracité de ces thèses, ne s'en fendirent pas moins d'arguments mystérieux et obscurs destinés à envelopper l'éclatante lumière de ténèbres, comme ils ont coutume de faire dans la solitude de leurs cabinets où les ailes légères de leur imagination florissante volent bien haut, revêtant la rigueur scientifique et les exigences de la démonstration, de formules ampoulées et de l'autorité usurpée de leur pseudoscience...

Les maîtres de l'édition, des canaux de publication, de diffusion et de distribution de l'information savent bien choisir ce que le public est en droit de connaître. Et les étagères des bibliothèques croulent sous le poids très pesant des tonnes d'impostures que tant d'esprits malveillants ont accumulées dans les livres, et qui sont passées dans l'éducation, empoisonnant et conditionnant le mental, le penser et l'agir de générations entières.

Mais relevons la tête!

Déjà, l'on voit une héroïque levée de bouclier en Occident!

Odile Tobner, veuve d'Alexandre Beyidi Awala alias Eza Boto alias Mongo Béti, l'enfant terrible du pays béti. Elle a partagé la vie du grand homme, mais aussi son combat. Elle a bu à travers lui et par lui, toute l'amertume de notre douleur. Présidente de Survie et auteure très profonde du très pédagogique „Du racisme français“, elle croise héroïquement et avec éclat l'épée contre les imposteurs de tout bord, pourfendant partout le mensonge et imposant le silence aux bonimenteurs.

Pascal Blanchard, historien: il a plongé au cœur de l'horreur, mais loin de choisir la voie facile, celle de la fuite, et de se dédouaner à bon compte, il a fait face, prenant fait et cause pour Justice et Vérité. Redoutable communicateur, il est devenu le guerrier ardent du réveil des consciences et le terrifiant témoin de l'horreur tapie dans les replis de nos âmes, mettant en déroute les metteurs en scène du mensonge historique.

Francois-Xavier Verschave: Ô ami que j'avais, et que maintenant je n'ai plus! Certes, je ne t'ai jamais rencontré, et, crois-moi, je le regrette. J'ai cependant rencontré ton œuvre, qu'un ami a mise entre mes mains. Intelligence incandescente, foyer rayonnant d'une énergie qui trouvait dans le flux violent de ta parole perçante et volubile une expression fulgurante... Tu étais un homme martyrisé par ta passion dévorante de découvrir et ton besoin entêté et très risqué de dire la vérité sur les dessous de cartes du jeu truqué de notre planète menée par une élite étrange dont il faut se demander si elle est de même espèce que le reste des hommes...

Il est certain que les comploteurs de la Franco-Mafiafrique avaient vraiment maille à partir avec toi de ton vivant. Il est certain que ton départ si prématuré, en même temps qu'il nous laissait orphelins de tes lumières et de ta force extraordinaire, a arraché aux hiboux tapis dans l'ombre, que tu traquais, des cris d'intense et malsaine jubilation...

Jean Ziegler, l’inconsolable ami de Sankara, l'infatigable et increvable chevalier de la lutte contre l'exploitation des plus pauvres, le grand croisé du combat pour un monde moins cruel, moins injuste, plus humain...

Vous êtes tous les signes de l'infinie capacité de régénérescence de l'Homme. Vous êtes la preuve que l'humanité ne peut jamais être si vouée à la haine et au crime, qu'elle ne soit plus en mesure de percevoir les battements de pouls de la vérité et le rayonnement de la lumière. Vous êtes la manifestation de l'humanité dans un camp de concentration nazi, qui rassure et donne espoir pour aller de l'avant. Vous êtes surprenants comme des roses magnifiques et épanouies, que l'on découvrirait sur un immondice d'ordures... Oui, vous êtes des étoiles de première grandeur dans un ciel de ténèbres, comme aimait à dire mon professeur de philosophie en terminale, des héros qu'il aimait.

Et vous êtes aussi un signe pour l'Afrique, car après ses lamentations, voici ce que m’a dit la Grande Mère :

Ô que si! Il viendra, mon héros, alerte, jeune, souple et fringant comme le soleil radieux du midi.

Il paraîtra, et sa voix sera l'ouragan qui gronde au cœur de l'Afrique, faisant vaciller sur leurs bases à la solidité trompeuse les empires sanguinaires.

Sa langue transpercera et renversera les montagnes de mensonge et de haine élevées contre moi.

Il étendra son bras, et la terre entière s'apercevra qu'il est la cristallisation de tous mes désirs, de toutes mes aspirations.

De son regard il terrifiera les profanateurs de ma dignité, car de ses yeux jailliront le feu et les larves visqueuses qui consument mes entrailles de fureur.

Fascinant et irrésistible, il rappellera à moi mes enfants et les rassemblera dans mon sein.

Alors commencera mon ascension...

Assurément, nous ne vivrons pas éternellement la condition horrible des êtres dans Les Destinées d’Alfred de Vigny, ni des vaches dans l'enclos des Pensées de Pascal.

Il vient, le crépuscule des faux dieux! Et sur les cendres de ce crépuscule, se lèvera l'ère radieuse annoncée par l'antique prophète de la race Noire!



[1] Il est vrai que ce statut est en train de lui être contesté par une équipe d’anthropologues israéliens qui prétend avoir trouvé des traces de l’homo sapiens dans des cavernes à l’est de Tel Aviv, remontant à une date qu’ils estiment à 400.000 ans, alors que les plus vieux restes humains découverts sous la latitude du Kenya sont datés de 200.000 ans. Voire!

[2] À ne pas confondre avec la grand-mère. A prendre au sens de mère des mères.

        
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