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L'aide fatale : Les ravages d'une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique

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Dambisa Moyo (Auteur), André Zavriew (Traduction)

Description

Dambisa Moyo (DR)« Allo, Monsieur le Président, je vous informe que l'aide internationale à votre pays cessera dans cinq ans. » Ce coup de téléphone imaginaire, c'est celui que recommande aux gouvernements et aux organismes pourvoyeurs d'aide à l'Afrique, l'économiste zambienne Dambisa Moyo, nouvelle coqueluche de certains milieux internationaux.Son livre, « L'Aide fatale » (JC Lattès), sort en France, où il ne manquera pas de susciter un débat.

Cette jeune femme parle avec une certaine autorité : diplômée d'Harvard et d'Oxford, elle a travaillé à la Banque mondiale puis à la banque d'affaires Goldman Sachs. Mais surtout, elle incarne pour la première fois une voix africaine dans un débat largement monopolisé, depuis quatre décennies, par les hommes politiques, chercheurs et? pop stars du monde occidental.

Dambisa Moyo, classée par le magazine Time parmi les cent personnes les plus influentes de 2009, a désormais un assez large « fan club » qui va du « neocon » américain Paul Wolfowitz, ancien homme-clé de l'équipe Bush passé à la présidence de la Banque mondiale qu'il a dû quitter sur un scandale, à l'historien britannique Niall Ferguson, qui signe la préface enthousiaste du livre et termine par cette phrase :

« Que l'on nous donne plus de Moyo, et moins de Bono [le chanteur irlandais du groupe U2 qui fait campagne en faveur de l'aide à l'Afrique]. »

Le livre de Dambisa Moyo se compose de deux parties : la première est un exposé implacable de ce qu'elle considère comme l'échec absolu de la stratégie d'aide à l'Afrique suivie depuis les indépendances des anciennes colonies du continent ; la deuxième, plus controversée, suggère des pistes alternatives qui font la part belle aux forces du marché.
L'échec de l'aide

Le réquisitoire de Moyo contre l'aide internationale est implacable, et, sur la base de ses chiffres, assez convaincant. Selon elle, les quelque 300 milliards de dollars déversés sur l'Afrique sub-saharienne depuis les années 70, soit environ 15% du PNB du continent, c'est-à-dire en proportion quatre fois plus que le plan Marshall qui a permis le redécollage des économies européennes après la deuxième guerre mondiale, n'a fait que générer corruption, pauvreté, inefficcaité, fuite des cerveaux?

« Il est virtuellement impossible en s'appuyant sur l'expérience de l'Afrique de soutenir que l'aide a eu des résultats positifs » (?)

Le résultat de l'aide, c'est une croissance plus lente, une pauvreté plus grande, et l'Afrique à l'écart du progrès économique. (?) L'aide est le problème. »

En cause, les visions paternalistes dans certains cas, idéologiques dans d'autres (l'aide à Mobutu, l'ancien chef d'Etat du Zaïre, aujourd'hui Congo, l'un des hommes plus corrompus de l'histoire de l'Afrique indépendante, pour contrer l'influence soviétique par exemple), ou simplement l'aveuglement de ce qu'elle appelle l'« industrie de l'aide » qui fait vivre des centaines de milliers de personnes à travers le monde. Et surtout, l'absence de perspective de fin de la manne :

« Les gouvernements africains ont été amenés à considérer l'aide comme une source de revenus permanente et sûre : ils n'ont aucune raison de croire que les flux ne vont pas continuer indéfiniment. »

D'où sa proposition d'annoncer solenellement la « réduction graduelle (mais intransigeante) de l'aide systématique » sur une période de cinq ou dix ans, le fameux coup de téléphone aux chefs d'Etat africains pour leur conseiller de s'y préparer?
Quelle alternative à l'aide ?

Dambisa Moyo est assurément moins convaincante dans sa « feuille de route » alternative. Ainsi, sa première proposition intitulée « la solution : le capital », intervient en pleine crise financière, un « timing » malencontreux qui affaiblit son plaidoyer en faveur des émissions d'obligations ou de l'appel aux forces du marché, à l'investissement international classique.

De même, elle émet des positions politiques très peu orthodoxes :

« Dans un monde idéal, ce dont ont besoin les pays pauvres, les pays situés tout au bas de l'échelle, ce n'est pas d'une démocratie avec ses partis multiples, c'est d'un dictateur bienveillant décidé à imposer les réformes nécessaires pour donner une impulsion à l'économie. »

Même si elle ajoute, lucide :

« Trop souvent malheureusement ces pays se retrouvent finalement avec un accroissement de dictature, et une portion congrue de bienveillance? »

Dans la même veine, elle titre un de ses chapitres « les Chinois sont nos amis », rendant hommage au rôle de Pékin sur le continent depuis le début de la décennie, qui finance de nombreux projets d'infrastructure dont l'Afrique avait un urgent besoin mais aussi investit dans les économies africaines, et prédisant que la Chine sera effectivement « la puissance étrangère dominante sur le continent au XXIe siècle » :

« Au cours des derniers soixante ans aucun pays n'a eu, sur la structure politique, économique et sociale de l'Afrique, un impact comparable à celui de la Chine depuis le début du second millénaire » (sic : nous sommes dans le troisième, erreur de traduction ? )

Les critiques des ONG

Les thèses de Dambisa Moyo, on s'en doute, ne sont pas du goût des défenseurs de l'aide à l'Afrique, qui font pression, au contraire, pour que celle-ci soit revue à la hausse. Ils redoutent que son discours ne serve de prétexte aux Etats du G8 qui ne parviennent pas assurer leurs engagements pris dans le cadre du plan de développement du millénaire, et en particulier celui de porter l'aide publique au développement à 0,7% du PIB. On est encore loin du compte.

Sur le site d'Oxfam, l'une des grandes ONG internationales engagées dans l'action de développement, le débat est ouvert. Une militante d'Oxfam originaire du Malawi, Chikondi Mpokosa, exprime sa « déception » à la lecture du livre de l'économiste zambienne :

« Cela me rend triste de lire ce livre et de voir qu'il ajoute aux préjugés en vigueur dans les pays riches. Le livre est faux sur deux points : il est faux de dire que l'aide ne marche pas et il est faux de dire qu'il existe des alternatives viables, surtout en temps de crise économique ».

Ducan Green, chercheur à Oxfam Grande-Bretagne, redoute les effets négatifs de ce livre, tout en reconnaissant que sa propre prise de position en tant que Blanc, membre de cette « industrie de l'aide » dénoncée par Moyo, fragilise sa prise de position. Il reconnait que le livre a touché une corde sensible et a recueilli pas mal de soutiens, notamment ceux de chefs d'Etat africains comme Paul Kagame du Rwanda :

« Le danger est qu'il offre une couverture utile pour les gouvernements des pays riches, à court d'argent en ce moment, pour revenir sur leurs engagements d'aide en disant : ?vous voyez, les Africains disent que l'aide ne marche pas, diminuons les budgets??

Et pour ceux qui ne sont pas d'accord avec sa thèse (et qui, à mon sens, ont pas mal d'élements de leur côté), il leur sera impossible de s'exprimer sans avoir l'air sur la défensive, ou pire d'être intéressés personnellement au débat (y compris cette note de blog).

Comment faire pour que le débat se déroule sur un terrain sensé : les vraies questions étant quels types d'aide marchent et lesquels ne marchent pas ? et comment les réformer ? Le risque est que le travail de Moyo court-circuite ce débat-là. »

Le livre sort ces jours-ci en France, et il ne manquera pas de susciter un débat du même ordre dans l'un des pays les plus concernés par le bilan de quatre décennies d'aide au développement de l'Afrique avec un bilan moins que glorieux. En France aussi, Dambisa Moyo appuie là où ça fait mal.

► L'Aide fatale - les ravages d'une aide inutile et de nouvelles solutions pour l'Afrique - Dambisa Moyo - JC Lattès


Aide à l'Afrique : « moins de Bono, plus de Moyo » ?
Par Pierre Haski | Rue89 | 23/08/2009 | 17H09

http://www.rue89.com/2009/08/23/aide-a-lafrique-moins-de-bono-plus-de-moyo
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